Le Coronavirus ou la chronique d’un confinement, Suite 8

De l’œuf ou de la poule, qui est arrivé en premier ? Eh bien, aujourd’hui nous sommes devant le même type de dilemme.  Comment déconfiner ? Ce verbe qui est présenté là à l’infinitif (l’infinitif est une forme nominale du verbe exprimant l’idée de l’action ou de l’état, sans indication de personne ni de temps), nous explique qu’il s’agit de sortir d’une situation de confinement, d’un enfermement dans un lieu restreint et, dans notre cas, pour une population entière. Voilà, nous allons pouvoir être déconfinés le 11 mai, peut-être…Cette date nous a été proposée par le Président de la République et depuis nous sommes devant des discussions à n’en plus finir. D’abord, avec la proposition de ne pas être valable pour les anciens, façon gentille de dire « les vieux ne pourront pas sortir ». Première des engueulades des anciens envers le Président.  Ensuite, la reprise des écoles, deuxième mise en doute de cette décision. Puis la reprise du travail ; là, ce sont les syndicats qui ont commencé à crier à la mise en danger des salariés. Je pourrais continuer comme ça sur des dizaines de pages, mais cela n’aurait pas ou peu de valeur. La société française a toujours eu des doutes sur la capacité de nos responsables politiques. Pourtant, il y a des élections régulièrement. Nous pourrions choisir des gens qui nous inciteraient à avoir une forme si ce n’est de confiance, au moins de valeur. Mais non, jamais depuis François Mitterrand, il n’y a eu, à part quelques mois au début de l’activité du nouveau Président, de conscience sur la valeur de la personne que nous avions choisie. Il faut dire, à la défense du peuple, que les transformations sur la gouvernance n’ont jamais donné la réalité des besoins ou des obligations politiques, ni des raisons impérieuses de l’économie ou de la géopolitique dont notre pays était affecté, pour faire comprendre ce besoin. Mais il faut également dire que, dans leurs apprentissages, nos politiques ont avant tout été éduqués à la façon de parler pour ne rien dire, et surtout ce que l’on appelle aujourd’hui du joli mot de « élément de langage ». Ainsi vous entendez par l’ensemble des intervenants les mêmes paroles en permanence, qui deviennent dans l’esprit du public des mensonges ; surtout plus grand-chose ne donne l’impression d’être sincère. Les équipes de collaboration des ministres se sont étoffées, mais malheureusement uniquement avec des personnalités formées dans les mêmes écoles, avec les mêmes professeurs, ce qui finit par donner des conseillers sortant en majeure partie de l’ENA et de Science Po. Comment croire que ces personnes peuvent penser différemment ? Pour vous permettre de mieux comprendre, je vous propose de regarder deux menuisiers qui auraient été formés au même endroit : croyez-vous qu’ils feront votre fenêtre de façon différente ? Eh bien non, car ce sont de leurs apprentissages que la technique utilisée va être mise en fonctionnement. Sauf pour quelques personnes qui deviendront les inventeurs de nouvelles techniques, des artistes de leurs professions, mais il n’y en a que très peu. Alors, je peux vous assurer qu’il en est de même pour les conseillers politiques. Imaginez que François Hollande et Ségolène Royal étaient tous deux des conseillers de François Mitterrand, ils sortaient de l’ENA, avaient les mêmes idées et ont tenté tous les deux la présidence de la France, avec un échec et une réussite. Encore que là, nous puissions nous poser des questions, surtout quand j’entends les socialistes ou les écologistes, voire ces deux personnes, crier sur le manque de masques, alors que c’est pendant qu’ils étaient aux Affaires que la destruction des stocks a eu lieu. 

Encore une petite remarque : pendant cette période si difficile, il aurait été bon de voir les politiciens de tous les partis, un peu moins préemptifs sur leurs demandes de masques. Nous savons bien qu’il n’y en avait pas suffisamment au démarrage de la pandémie, il ne sert à rien de le répéter surtout quand de façon directe ou non, ils sont, quelque part, responsables. Cela donnerait un peu moins d’angoisse aux Français les plus fragiles.

La deuxième partie de cette tribune dans les prochains jours.

Philippe Sallanche 2020

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