La chronique des jours d’après – 18 – L’économie en période de guerre !

Nous sommes en Guerre !

Voilà la phrase qui a été prononcée le 16 mars. C’était peut-être une exagération de langage, mais une fois n’est pas coutume, je suis en partie d’accord avec Monsieur Macron. Il s’agissait au début de la crise, d’une véritable guerre médicale dont nous ne comprendrons l’importance et la réalité que durant le mois d’avril et les plus de mille morts par jour ainsi que les dizaines de milliers de malades. Mais qu’est devenue cette guerre ? Depuis quelques jours, nous avons le droit à des discours de syndicalistes, notamment sur des appels à la grève. Nous sommes dans un marasme invraisemblable, les entreprises se battent pour tenter de survivre, nous avons déjà des centaines de milliers de personnes qui ont déjà perdu leur travail, et nos syndicalistes appellent à la grève !

Alors, bien sûr, il ne doit rien être interdit aux syndicalistes, mais un peu de valeur humaniste et d’approche des difficultés réalistes du pays, dans cette période de Covid-19 ou les complications sont majeures, serait bien, par des personnes qui cherchent à défendre les travailleurs. Et si demain il n’y avait plus d’entreprise ? Alors que, chaque jour, des industries quittent le pays pour se délocaliser dans le nord et l’Est de l’Europe ou dans d’autres pays comme la Turquie ou la Tunisie, alors que d’autres déposent leurs bilans. Bien sûr les grévistes sont principalement des fonctionnaires ou des personnes dont le risque de perdre leur activité est nul, comme à la SNCF ou à la RATP, avec des revendications qui sont à mille lieues des réalités du moment. Ainsi, voici les raisons invoquées par les sept syndicats qui ont appelé à la grève : « La question de l’emploi est centrale : lutte contre la précarité et la pauvreté, hausse des salaires, développement des services publics, abandon définitif de la réforme des retraites ». Où trouve-t-on la bataille contre le Covid-19, contre les délocalisations et les pertes d’emplois en France, pour la recherche et le développement, pour le financement des startups, notamment dans le travail de la séquestration géologique du CO2 aussi appelée stockage ou confinement du dioxyde de carbone ? Non, rien de tout ça et pourtant les processus encore expérimentaux de captage et de stockage du dioxyde de carbone, avec pour but la séquestration du carbone pour limiter la contribution de ce gaz à l’acidification des milieux et aux modifications climatiques, sont une des grandes causes pour l’avenir. Pourquoi perdons-nous du temps sur les recherches sur l’hydrogène ? Cela fait, pour ma part, près de cinq ans que j’ai commencé à dire que cette technique est probablement l’avenir des déplacements. Alors, bien sûr, il faut produire de l’hydrogène de façon écologique, c’est-à-dire sans pétrole, mais ça on sait déjà le faire. Où sont les moyens financiers pour créer ça en France, pourquoi la production et surtout les capacités de destruction des batteries ne sont pas encore lancées ? Les Chinois ne nous ont pas attendus : pour eux, la production est déjà lancée. Pour sauver des emplois condamnés, parce que nous avons laissé rentrer, sans précaution, des produits de pays à bas coût, et qui aujourd’hui ont tué toutes nos productions, nous sommes prêts à mettre des millions d’euros, alors qu’en réalité, nos coûts de production sont trop élevés et seule l’inventivité peut nous donner de l’avance. Pourquoi faudra-t-il quinze ans pour mettre en place un avion à hydrogène, là où les Américains, dès qu’ils auront un président un peu plus responsable, ne mettront que cinq ou sept ans et les Chinois, qui possèdent déjà une partie de nos technologies, probablement encore moins ? Tout simplement parce qu’ils y mettront les moyens financiers que nous ne trouvons pas pour les avoir dilapidés dans des sauvetages inutiles.

Alors oui, nous sommes en guerre, mais peut-être contre nous-mêmes et nos capacités à voir plus loin que le bout de notre nez.

La suite dans les prochains jours.

Philippe Sallanche 2020

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