La chronique des jours d’après – 13 – L’économie de récession

Les chiffres de l’économie commencent à tomber pour le deuxième trimestre 2020. En France, le PIB recule de 13%, en Allemagne de 10%, mais c’est en Angleterre que la chute est la plus importante avec 20%. En Italie, c’est plus de 12%, en Espagne plus de 18% et au Portugal de 14%. Sur la zone euro, c’est de 12,1%. En regardant ces chiffres, nous constatons que le confinement a été une catastrophe. Néanmoins, il n’y avait pas d’autre solution pour éviter des milliers de morts et surtout la congestion des hôpitaux.

Il faut cependant regarder un peu plus en détail les chiffres. Par exemple, en France, la consommation depuis juin a repris un peu de couleur, même si cela est très inégal, selon les régions. La production industrielle est repartie également avec une hausse de 14%, mais les soldes n’ont pas permis de rattraper le retard de chiffre d’affaires. A Paris, c’est même une forme de catastrophe. En effet, si pour les grandes chaînes de magasins, cela ne sera qu’un épisode, il en résultera des fermetures pour les magasins les moins rentables, et pour les commerces indépendants, la perte de chiffre pendant les soldes, près de 50%, risque d’être fatale. Déjà les problèmes de circulation, les fermetures de rues aux voitures et les places de parking extérieur supprimées avaient mis en délicatesse ces commerces. Cette pandémie risque fort de leur valoir une funeste fin de vie. Ce qui semble pourtant ne pas avoir fait réfléchir l’hôtel de ville : une ville est une forme de communauté vivante, elle a besoin de toutes les forces vives, mais de plus en plus de rues se retrouvent avec des rideaux baissés, les finances de la ville vont un jour ou l’autre s’en ressentir. Tenir ouvert un commerce est souvent plus simple que de le rouvrir une fois fermé. Cette règle ne semble pas être connue et pourtant, dans les petites villes de province qui, aujourd’hui, pleurent leurs commerces fermés, la leçon n’a toujours pas été comprise. Des parcmètres et des interdictions ont fini par faire disparaître ces entreprises, pour le plus grand plaisir des centres commerciaux, à l’extérieur des cités. Et je ne parle pas la guerre entre commerces et centres commerciaux, mais bien de l’incompréhension des édiles sur la fragilité des centres-villes, et du prix d’un retour à meilleure fortune. Alors, pour Paris, les montants pour rectifier les erreurs de la municipalité seront disproportionnés. Il y a aussi d’autres secteurs où des incohérences sont commises ; par exemple, l’aviation intérieure, en décidant d’interdire les vols intérieurs quand une alternative ferroviaire de moins de 2h30 est possible. Le gouvernement cédant au lobby écologique, cela aura pour résultat des milliers d’emplois supprimés et bien plus grave, la suppression des possibilités de délocalisation, la suppression des activités d’Air France dans les départements et surtout dans les prochaines années, contrairement à ce qui est assuré aujourd’hui, l’arrivée de nouvelles compagnies low-cost, moins-disant en matière de respect des salariés et des lieux, avec des contrats d’autres pays, enlevant des possibilités de réactions à nos concitoyens.

La suite dans les prochains jours.

Philippe Sallanche 2020

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