La nouvelle économie et l’Uberisation.

Depuis plusieurs années sont arrivées en Europe, découlant directement du système d’Amérique du Nord et de son organisation, de nouveaux systèmes de travail. Pour faire plus simple et tenté d’être compréhensible pour nous, un nom propre est devenu nom commun, « l’uberisation » des services, mais que cela veut-il dire exactement ?

Pour comprendre d’où vient cette idée, il faut revenir un peu en arrière, à Paris, dans les années 1970, avec la compagnie G7 qui pour alléger ses coûts salariaux, imagine de mettre en place des chauffeurs indépendants, en leur louant un véhicule, mais qui paierait elle-même leurs charges. Dans les années 2000 et l’avènement d’internet nous voyons arrivé de multiples services, dont notamment la géolocalisation. En 2009, la société UBER est créé, qui selon la légende est né à Paris également, qui d’ailleurs par bien des aspects ressemble à ce que G7 avait mis en place quarante ans plus tôt, avec le plus d’internet et des nouvelles technologies.

Si nous y regardons de plus près Uber n’est certainement pas une société qui a vraiment mis en place un changement d’époque important, d’autre comme Apple, Microsoft ou encore Google ou Facebook ont largement fait évoluer bien plus qu’UBER. Alors pourquoi ne pas avoir eu comme nouveau nom commun Googolisation ou bien facebookisation ?   Je crois que cela vient avant tout du fait qu’ils ont combattu des ordres établis, par exemple celui des taxis, et ce dans les plus grandes villes du monde, toujours sans prendre le temps de négocier avec les autorités locales. Mais la vrai innovation d’UBER n’est pas technologique, mais de forme, en effet UBER est arrivé, notamment en France, par la qualité de service, en arrivant ils ont présenté des véhicules de grande qualité, propre, avec des petites touches sympathiques, comme des bouteilles d’eau, des bonbons ou encore la demande de la fréquence radio, par rapport à des taxis qui étant seul ou presque, non nettoyé, sans services et souvent sans réellement s’occuper du client, enfin en façade, par ce que là il s’agit de ce qu’à véhiculé UBER pour montrer la différence, et ça à toute de suite pris. Ensuite je dirais qu’UBER a fait fausse route, car si elle n’avait pas commis l’erreur de multiplier ses métiers, jamais les autorités des pays n’auraient mis en place des actions contre cette société, peu à peu accusée de tous les maux, jusqu’à en créer un pour parler d’un système d’exploitation de l’homme, la réussite fait souvent oublier la réalité de l’organisation des pays.

Mais depuis nous avons bien pire qui est arrivé sur notre territoire, comme forme d’activité, les livreurs en vélo.

Ce matin, sur Europe 1, le dirigent anglais de Déliveroo, a estimé que quinze euros de l’heure pour ces livreurs, micro entrepreneur, était très bien et honnête, mais il n’est pas le seul dans ce nouvel état d’esprit, néanmoins quand est-il réellement :

Pour mieux comprendre, je crois qu’il est important de faire un comparatif entre un ouvrier au SMIC et nos livreurs, pour bien comprendre les différences et pourquoi nous sommes dans quelque chose proche de l’abus de langage.

Un ouvrier au SMIC touche 9,88 € de l’heure brut soit 7,83 € net, ce qui correspond à 1188,00 € net par mois, pour 35 heures par semaine, avec une forme de tranquillité, quand ils sont en CDI, avec des cotisations pour une couverture sécurité sociale, retraite cnav et arco , mais aussi une participation à une mutuelle, des jours de maladie indemnisés et aide au transport.

Notre livreur lui touche 15 € de l’heure brute. Sur cette somme, il va devoir payer ses charges, égale à 26% soit 3,90 €, aucune garantie d’heure, un risque d’accident permanent sur la route, un matériel à entretenir, pas de droit à maladie, une couverture des risques maladies très succins, une obligation d’assurance très coûteuse. Enfin, je pourrais continuer cette litanie sur les différences, il faut simplement regarder ce qui reste réellement, moins de 5 € de l’heure. Alors bien sûr, il n’est pas obligé de prendre une assurance, comme j’ai entendu il y a quelques jours, et bien normalement si.

Ensuite, il faut regarde la qualité du travail, croyez-vous qu’il est plus simple de pédaler pendant plusieurs heures ou travailler en usine, je vous pose la question. Juste pour vous permettre de bien comparer, une personne au SMIC touche 55,16 euros nets pas jour, ce qui revient à dire que notre cycliste doit donc pédaler pratiquement quatre heurs pour toucher simplement le même montant, mais en brut et s’il veut gagner la même somme en net, alors il devra alors pédaler entre six et dix heures selon qu’il soit bien assuré ou pas. Bien sûr, ils peuvent travailler aux heures qui les arrangent, mais pour gagner un salaire honorable il faut travailler de façon continue. Et bien après deux ou trois heures de vélo dans Paris, je vous demande si vous penseriez être en bonne forme, capable de faire autre chose, c’est le risque de ce type de travail, car si vous êtes un étudiant il y a de fortes chances que vous loupiez vos études avec un exercice de ce style, sans compter le risque d’accident dans les grandes villes ou pour réussir à gagner ses quinze euros il va falloir prendre des risques insensés, sans respect pour les règles de vie en communauté et surtout sans respect pour le Code de la route.

Une fois de plus je ne suis pas un donneur de leçon, mais je crois important de répondre à ces allégations mensongères, car si ces personnes responsables nous expliquent ne pas pouvoir payer plus, ça je peux le comprendre, mais expliquer que c’est bien payé, alors là je trouve cette phrase malheureuse et trompeuse.

Philippe Sallanche 2018

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